Lorsqu’on ne voyage pas à pied

Lorsqu’on voyage à pied, le chemin se transforme à chaque pas et devient un peu son chez soi. Nous voyons chaque caillou, chaque fleur, chaque personne, chaque maison, associons chaque odeur, de celui de la lavande à celui de la roche chaude que j’ai aimé dans les alpes et dans les pyrénées.

Et puis je m’assieds au café juste devant le “boarding …”, commande un renversé que je nomme “chaléé”en Suisse allemand. Enfin, je me décide à continuer. Après tout, je viens bien arriver à quelque part. Je passe mon billet sur le détecteur, le tourniquet s’active, marche, descend un nouvel escalator, encore quelques pas, en remonte un autre. Contrôle d’idendité. Grützi. Et voilà le fameux métro. Qui l’aurait cru ? Un métro particulier. Oui, car on y entend le Yoba et des cloches de vache. Je n’ai pas encore quitter la Suisse et il est 9h50.

Notes sur le livre “Lâcher prise” : “La seule façon de résoudre un problème est de s’élever au-dessus de lui.” Il n’y qu’une chose que nous devons, que nous pouvons contrôler: notre façon de réagir aux événements. Pour exercer ce contrôle, une seule méthode : lâcher prise.

17h30 Nous volons au-desus de la capitale de l’Inde, New Delhi. 7ème heure assis à la place 33e, quand vais-je me décider à me lever ?

Je réfléchissais à l’instant à la question suivante : sais-je décrire en détail les sensations telles que la colère, la joie, l’angoisse, l’amour ? Sur le moment, je ne peux répondre que non. Je n’ai jamais exercé la description de ces phénomènes si simples. Par contre, expliquer un vécu, je pourrais en écrire des livres. Pourtant ces sensations sont universelles entre êtres humains. La colère crispe le corps, la joie tranquilise, l’angoisse crée des multitudes de réactions désagréables, l’amour quant à lui fourmille dans le ventre. Je me remémore la séance d’hypnose d’avant mon départ. Nous pouvons nous souvenir que de quelqu’unes des pires souvenirs de notre vie mais si on posait la question à notre cerveau émotionnel, il pourrait tous les citer.

Anecdote : Avec Sofia, nous discutions de la meilleure façon de visiter l’Australie. La conclusion du moyen de transport le plus adéquat pour parcourir ce continent est un bus VW. A ce moment-là, la dame assise à côté de moi, me donne un petit paquet de chips sur lequel se trouve un concours pour gagner le fameux bus en question.

Au clocher de mon village il va sonné 21 heure. Le fuseau horaire de l’avion, il est 5h. J’ai quelque peine à imaginer que j’ai passé 12 heures à bord de cet appareil aux grandes ailes, appelé avion. L’histoire de l’aviation n’a qu’une centaine d’années, comme pour la plupart des transports motorisés. Qui plus est, chaque siège est équipé d’un petit téléviseur avec toute une panoplie de programme. L’un deux, celui que je préfère, est une carte sur laquelle apparaît en temps réel, notre position, notre altitude, notre vitesse de croisière, la vitesse du vent à la hauteur de la queue. Au dehors, il fait nuit et seul mon petit écran me permet d’imaginer que je suis très loin de Zurich. Pas moins de 9823km me sépare de la Suisse. Je suis en Asie !

Made with Love @ 2017 Samuel Monnard