fin de mon premier voyage

Le 10 août était la fin de mon premier voyage. En marchant le long d’cun champ, regardant le goudron de la route, je me suis dit que :

Tout ce qui faisait que nous pouvions nous reposer à un endroit, l’esprit autant que le corps. Ce sont les repaires. Quand tous nos sens peuvent prendre appui, alors apparaît un moment de béatitude.

En prendre conscience, fait sourire.

Sonia

sonia

Sonia, mon Ange,
une femme qui a transformé ma vie,
apprit l’Amour avec un grand A,
qu’on inscrit en soi et qu’on garde
à jamais.

Elle n’a jamais changé,
son Coeur bienveillant et pur,
un grand Coeur, comme on en croise
de moins en moins.

Je regrette parfois,
d’être arrivé avec si peu de bagages,
si peu prêt à vivre,
tant de temps à réfléchir.

Bonjour les Pyrénées

pic_du_carlit_anthony_samuel

Les montagnes, en tant que Suisse, c’est quelque chose qui nous parle. Qui me parle. Née avec la conviction que derrière chacune d’entre elle se cache un nouveau paysage à dévorer du regard, je n’imaginais pas les retrouver lors de mon premier voyage.

C’est une délicieuse recette que celle que je vous partage.

Prenez un Ami rencontré dans un jeu sur internet. Vous l’emmenez dès son entrée dans votre guilde sur le champ de combat d’une histoire sans précédent. Vous envahissez une capitale composée d’autres milliers de joueurs, prêt à vous défaire de votre vie sans attente. Et deux ans plus tard, vous rencontrez cette même personne. Il vous invite chez lui, dans son petit coin de Paradis juste avant Toulouse.

A cela vous rajoutez un oncle qui vous raconte que vous ne connaissez rien aux montagnes, si vous n’avez pas fait le Pic du Carlit, un des célébres sommets des Pyrénées.

Au petit matin, les affaires prêtes, vous partez en voiture en direction de Font-Romeu, de là vous montez vers le Lac des Bouillouses. Rajoutez un orage vers midi pour profiter d’une bonne sieste au pied du centre touristique du coin et puis montez, montez et slalomez autour des lacs les plus magiques et féériques qui soit. Profitez d’une belle nuit au pied de cette montagne que, ni lui, ni moi n’avons monté auparavant.

Et cela donne naissance à l’envie de revenir se frotter à ces montagnes, de voyager à nouveau.

Le village sur la colline

route_beziers_vendres

Depuis Béziers, je marche, marche, marche encore sur cette route qui n’en finit pas. Je longe les platanes qui marquent le milieu de la route. Et puis le rond-point.

Il fait très chaud. Le Soleil me brûle mais mes pieds avancent vers ce petit village tout là-bas. Il en faut beaucoup pour que je m’arrête. Même la soif qui me tiraille depuis quelques kilomètres n’a pas raison de ma curiosité. J’avance, un pied devant l’autre.

En rentrant dans Vendres, j’ai le sentiment étrange d’être arriver chez moi. Les odeurs transportées par le vent de la Mer méditerrannée. Quelle délice de croiser quelques personnes. Nous nous rencontrons sur les marches de l’Eglise. Sonia, mon Ange. Toi qui me fera connaître les trois composantes de l’Amour, l’authentique amour du coeur, du ventre et de la tête. Toi, le Sud-ouest, la Mer, cette colline, ces vieilles maisons, quel tableau, non ?

vendres_sonia_maison

Plusieurs années après, il me semble encore sentir l’odeur de la Mer, de voir encore les petites ruelles, des détails de chaque rue… Ces pierres empruntées à la Mer, contenant davantage de coquillages que de pierres. Et puis notre rencontre au fil temps qui continue à m’enrichir spirituellement.

Je crois que l’Amour peut sauver tout Homme de la fuite, de la perte et de la folie.

Marseille-Saint-Charles

J’ai voyagé trop vite, déjà.

Il me restait 5 euros, et une fois à l’automate, je songeais aux 100 euros que je pourrais retirer. Sur l’instant, cela m’apparut trop, alors je mets la carte, compose mon code à l’abri des regards. Puis j’appuie sur les 40 euros. La machine réfléchit. Elle consulte mon compte. J’ai un présentimment. La machine s’éternise ou est-ce moi ? La carte ressort. Je sais. Sur l’écran s’affiche “montant indisponible”. Je sens mon corps qui se glace, me prend au ventre déjà engourdi pour n’avoir rien mangé de la journée.

Je reprends ma carte avec la sensation que cette fois-ci, j’allais devoir composer différemment, faire face à moi-même. Toutes les cartes de mon château s’envolent au vent. Je suis seul, sans argent, loin de chez moi et le monde s’est transformé en quelques secondes.

J’essaies de rester calme.

C’est débile, sans argent. La batterie de mon téléphone épuisé. Je ressens cette angoissante impression, celle qu’on ressent lorsque le côté matériel nous échappe.

Le pire est de ne pas oser demander de l’aide, il va pourtant le falloir. J’ai honte. Trop bien vêtu pour être de la rue, pas assez pour me confondre aux autres.

C’est aussi la première fois où j’écris et que je voudrais que ce soit moins noir.

Loin de tout et vite

Quelques jours plus tôt, j’étais déjà là, sur ce banc. Je suis devant l’embarcadère de Ouchy à Lausanne. Les bateaux s’en vont inlassablement pour rejoindre Evian-Les-Bains.

Oui j’étais là, au même endroit avec la même certitude, prendre mon courage à deux mains et fuir cette société où je ne trouvais pas encore ma place. Il y a quelques jours, j’ai regardé les lumières du dernier bateau s’éteindre. Il était passé minuit et je n’avais pas réussi à faire ce premier pas.

Et puis ce jeudi 17 juillet 2008, je me lève du banc. Mon billet en main, je parcours les quelques mètres qui me séparent du pont d’embarcation. Ce n’est qu’un bateau, ce n’est que le Lac Léman, mais c’est le départ d’une grande aventure, la toute première.

Trois mois plutôt j’avais écrit dans mon carnet :

Je n’aime par le monde dans lequel on vit, car tout est un grand miroir et me rappelle que je suis loin encore, très loin de savoir profiter de ce qui m’entoure.

Je savais très bien que je ne trouverai pas l’herbe ailleurs plus verte. De véritalbes questions, il y en avait pas. Juste partir, pour fuir tout en sachant que je me transportais dans cet escapade.

necessaire_de_voyages_19_04_2008

Prémisse du premier voyage

FORMATAGE
AGROUAGE
MEPHAGE
SARCOPHAGE
POPHINAGE

Plus tard ! je suis à deux milles lieux de savoir la chance que j’ai, d’être et de faire ce que je fais.

A peu prêt comme un ordinateur j’aimerais tout effacer, nettoyer et réinstaller avant de continuer quelque chose de nouveau.

Cela me fait peur, cela me crispe, cela me dégoûte, qu’il n’y ait pas plusieurs chances parfois.

Tout semble se rompre, nettement à l’échelle humaine.

Vivement que je me renvoles, à que je sois complètement libre de tout abandonner. J’ai plus envie de prévoir mais de vivre au jour le jour. Désormais, j’attends et me prépare pour ce jour.

Made with Love @ 2017 Samuel Monnard