Auteur/autrice : Samuel Monnard

05 – Les souvenirs me reviennent

Les souvenirs me reviennent. Tant d’événements, de sensations, que j’ai sorti ma pelle pour en retrouver les premières traces. Ils sont désormais sur ma langue. Certains diront que mon carnet doit regorger de notes. Eh bien non, ce fût une journée en grande partie, composée d’émotions, de sourires, les yeux fixés sur l’Océan !

Nous sommes le 18 avril. Aucun nuage. je me balance au gré du voilier. Tout les quatre, Fabrice, Marie-Christine, Louis-Noël et moi. Peut-être s’attendait-il que je sois un de leur contemporain. J’ai 29 ans. 30 ans de vie, de la vraie vie nous sépare. Je suis honoré de faire partie de l’équipage, je n’en attendais pas tant.

Un repas copieux, le premier. Fabrice, fidèle cuisinier de la mer et de la terre.

Notes à l’intention de sa famille : je n’arrêtes pas les éloges à l’intention de Fabrice. Sachez toutefois que je lui reconnais bien quelques défauts. Vous le connaissez bien que moi, et les personnes qui nous sont proches, je crois qu’avec le temps, nous les voyons mais ne les regardons plus. J’en suis conscient.

Trèves d’annotations ! Nous voilà sur cette grande étendue bleue. Ma première impression, voler. Mais ce sont les vagues, qui jouent avec le bateau, le poussant inlassablement vers le haut, vers le bas. Et le vent. Ce vent, qui sur terre nous ennuie parfois, est ici au centre des préoccupations.

En fin de journée, nous mouillons près de l’Ile de Houat. Le mouillage est un terme de marine qui désigne à la fois un abri sûr pour un navire, le matériel utilisé pour mouiller (principalement l’ancre et sa chaîne, mais aussi, dans le cas d’un mouillage fixe, le corps mort et sa bouée ou coffre) et la manœuvre pour mouiller sur ancre ou sur coffre (source : http://fr.wikipedia.org).

Le temps de monter l’annexe (une petite embarcation servant à la desserte d’un bateau ) et nous voilà parti en direction de la plage. Ni une, ni deux, je me sens l’âme d’un Conquistadore (vous savez, ces explorateurs du 15ème siècle). Première impression en posant le pied sur le sable mouillé. Impression incroyable de débarquement.

Retour sur terre. L’Ile de Houat est une île de la côte morbihannaise, en Bretagne. Je pensais qu’elle n’était faite que de sable, de fleurs et de fourmis ! Notre capitaine a bien choisi l’endroit d’accostage, car moi et mon imagination, nous sommes partis à l’aventure d’un nouveau continent (rire). Je comprendrais bien plus tard que l’île est habitée et qu’autrefois elle était autrefois (3500 ans avant J.-C.) rapandue au continent.

04 – La porte d’entrée de l’Océan

Le soir précédent. Deux whiskys, un peu de rugby, le balcon, la Seine. Une nuit courte.

Nous sommes le 18 avril, il est 5h, Paris s’éveille. Le pain, un peu de séré, un café serré. Et puis à nouveau la route.

Nous partons de Poissy pour nous rendre au Port Blanc (près de Vannes, France) en face de l’Ile-aux-Moines.

Et un pot pourris de choses :

Un mec au chapeau blanc qui fait ses besoins sur le bord de l’autoroute, une zone d’industrielle où les bâtiments sont très espacés et les panneaux publicitaires touche le ciel, Gainsbourg à la radio. Et des pensées vagabondes. Une maison, je voudrais, avec un arbre dans le salon. Le secret à mon retour. Une air d’autoroute pour parler de l’almanach du marin breton. Des photos des ports en Tunisie.

Et un pot pourris de phrases de chanson : Oh mon amour, juste un dernier jour. Penses à moi… je pars dans le désert. Je vais où l’on perd pour mieux… Du courage. Un plein soleil. Ma peau ne connaît que toi.

La route s’envole, les nuages n’existent pas. Les heures, les minutes, les secondes sont immobiles.

Arrivé au Port Blanc, le temps se réveille. Tout se passe très vite. Je descends les bagages devant la capitainerie. Nous demandons un convoi pour le Puck II. Le moteur à plein régime, le zodiaque nous amène au voilier. Le Puck II. Le ponton. Fabrice, un sourire jusqu’aux oreilles ou est-ce moi ? Une accolade. Marie-Christine.

Et le voilier, douze mètres.

Je ne sais pas bien ce qu’il s’est passé. On a mangé peut-être, peut-être que nous sommes partis déjà. Vous savez, je suis alors comme un enfant devant le sapin de Noël, une joie incalculable.

03 – Vroum Vroum

Mon ami d’enfance, Gaël.

A partir du moment où je me sens en mouvement, ma tête s’arrête normalement de bredouiller des tonnes de questions.

Hors là, ça ne sera pas le cas. Nous passons à Payerne, me confirme Gaël. Et c’est reparti, cerveau en ébullition. Je n’attache pas seulement ma ceinture.

Puis enfin, Pontarlier (France), elle s’arrête enfin, repasse en quatrième, troisième, la déperdition de chaleur qu’occasionne ma frénétique carcasse se calme.

Je conçois vraiment que parfois, ce que je raconte n’est pas compris. Mais je ne fais que le concevoir, vraiment (rire) !

Nous arriverons à Paris vers 19h. Gaël m’emmène ensuite à mon deuxième point de rendez-vous. Je passerai la nuit chez Louis-Noël, ancien aviateur à Air France.

Carrieres-sous-Poissy. Nous dinons (anecdote à l’intention des Suisses, et peut-être des Belges, bien oui en Belgique nous avons pas mal de choses en commun, comme le chocolat: oui parce qu’en France on ne soupe jamais). Un whisky, un deuxième. Rugby. La Seine.

Le lendemain matin, 6h. Départ pour Vannes (Bretagne, France). Gps. Itinéraire précis. Aucune erreur possible.

02 – Un départ serein

Nous sommes samedi matin, 17 avril.

Mon père m’emmène au point de rendez-vous.

Notes : je prends, cette fois-ci, le temps de raconter cette partie. Quand on part en voyage, ou un événement important, il se passe bien trop de choses dans la tête. En tout cas la mienne tourne à plein régime ! J’aborde extérieurement un air décontracté. A la limite, on pourrait croire que c’est un jour comme un autre, au bureau, café dans une main, clope dans l’autre, à rédiger quelques emails, relire mes notes. La routine.

A l’intérieur, c’est une autre histoire. Je relis pour la centième fois ma liste de matériel, vérifie chaque recoin de mon sac, quitte à le défaire et refaire une dernière fois. Et puis, il y a les soucis du moment. Ais-je bien informer mes clients de mon départ, n’ai-je pas oublier le RENDEZ-VOUS ?! Ma soeur va-t-elle accouché en mon absence ? N’aurais-je pas dû reporter mon départ ? Ais-je donner à boire à ma plante… la pauvre ! Ais-je fermé les lumières, mon ordinateur est-il arrêter ? Les volcans, j’aimerais retourner en voir, oui mais quand ? J’ai pris un bonnet, pourquoi pas ? Est-ce que j’aurai le mal de Mer ? les étoiles brillent vraiment plus que les planètes ? Est-ce que la vie est-elle une suite d’attachement et de détachement ? Vais-je finir seul à force de partir voyager ? La bière fait des bulle, là où il y a de la poussière.

Bref.

Enfin tout est chaotique. Air paisible, à l’extérieur, toujours. Je bois une bière avec mon Père. Il fait beau.

01 – La grève et le volcan

Il me faut rentrer à la maison, préparer mes affaires.

Mais avant, je me rends à la gare pour réserver mon billet de train pour le lendemain matin. L’éruption volcanique en Islande complique les transports. Les compagnies aériennes sont clouées au sol, dans toute la partie nord de l’Europe, la SNCF (compagnie ferroviaire française) sont en grève depuis 11 jours. Donc, je sors bredouille avec pour seul information précise, me rendre à Lausanne le lendemain et puis m’informer auprès du contrôleur, si une place est encore libre dans le TGV pour Paris.

Je suis excité par l’idée de ce voyage, rien ne pourra m’arrêter, je me sens pousser des ailes.

Le hasard, la chance, je ne sais pas lequel choisir.

Mais quelques minutes plus tard, j’appelle mon ami d’enfance. Il se trouve dans la même ville, au même moment. Il me raconte que le lendemain matin, il part avec sa chérie à Paris. Imaginez-vous la scène ?

06 – Un combat personnel

Il est des combats dont les gens ne comprennent pas le sens. Que veux dire le mien ? Un pari lancé au hasard, un challenge personnel, l’envie de découvrir une région nouvelle. Il n’est rien de tout cela dans mon projet. C’est avant tout une aventure vers l’intérieur, avec des questions philosophiques de base : qui suis-je, où vais-je, pourquoi je suis là.

J’ai choisi paradoxalement l’été, alors que j’aime la neige. J’ai choisi un endroit loin de chez moi, afin de sentir la distance. Et la hauteur, car l’effort engendre le relachement des questions inutiles. Une fois fatigué et au bord de l’épuisement, je finis par lâcher prise et je vais à l’essentiel.

Voilà le discours que je tenais avant de partir et que j’ai tenu jusqu’à présent.

Finalement tout tient en quelques mots. Les sentiments que l’on ressent, influence notre quotidien, et qu’importe où qu’on soit. On les transporte et cela se ressent, comme un parfum.

J’aimerais parler de plein d’autres choses, mais il me faut trier tout ce qui traîne dans ma tête. Je vous laisse avec une photo de moi, instant fugace où mon coeur était placé au bon endroit.

La dernière chose auquelle je pense tous les jours avec beaucoup de force, c’est que le bonheur ne vaut la peine que si il est partagé. Alors ma famille et aux personnes qui me soutiennent chaque je vous aime de tout mon coeur, et soyez certain que je vous envoies mes meilleures pensées chaque jour, à chaque pas et à chacun des moments où mes yeux se remplissent de larmes aux belles choses que je voudrais vous partager.

Le petit gîte de Siguer

Nous nous sommes arrêtez au petit gite de Siguer hier soir, juste après une journée à se perdre dans l’épais brouillard. Pas moins de trois fois, nous sommes retombés sur la cabane de berger. C’est rigolo le brouillard, la tendance est à tourner en rond.

Arrivé à Siguer, l’incontournable Fabrice et son gite. Le gite fonctionne sur deux autres cabanes avant Siguer, ou l’on peut se servir de nourriture. Et une fois arrivé chez Fabrice on paie ce qu’on a pris. Je vous recommande de compter dans vos ballades, de vous arreter à Siguer au petit gite, pour la chaleur humaine et l’accueil, qui fait l’unanimité pout les vrais randonneurs.

Fabrice et Nina dans le petit gite

Fabrice et sa fille Nina.

Je n’ai pas beaucoup d’inspiration face au clavier. Retrouver l écran, le clavier, je ne suis pas tout à fait à l’aise. Voici une petite photo pour clore ce court article de la pancarte en arrivant au petit gite.

pancarte du petit gite de Siguer chez Fabrice
Il ne manque que William Wallace!!!

03 – L’arrivée prévue

Donner une date d’arrivée me rassure. Au programme, cela me semble tout à fait faisable. Après il s’agit de bien tenir sous les effots, de pas trop être gêner par le temps (surtout les orages) et d’avoir le moral jusqu’au bout. Pour ce dernier, je me fais pas d’illusion, il y a aura sûrement des «….» de moment où les ronces, les coups de soleil, les affreux taons, la grêle, l’orage, le vent, les cols trop dur, viendront à bout de mon énorme motivation. J’espère bien rencontrer là-haut tout le reste, qui fera sûrement la balance pour me tenir jusqu’au bout.

L’arrivée est prévu le 1er septembre à Hendaye.

Donc, donc, si vous avez pas quoi faire ce jour-là, qui sait vous serez au bord de l’Océant à ces dates là, bien pensez à moi :P. En l’imaginant, cela sera sûrement un moment fort de ma ballade. J’imagine déjà, les mouettes, l’Océan, le sable sous mes pieds meurtris, le vent, l’odeur de l’Océan, du sel, et les vagues.

Ps. Si des personnes sont intéressées à me rejoindre sur le parcours, ou venir soit au départ, soit à l’arrivée, écrivez-moi à l’avance, avant le 20 juillet.

Made with Love @ 2017 Samuel Monnard