Auteur : Samuel Monnard

Jour de transition

J’y suis. Je suis prêt avec toutes mes affaires: mon tapis de yoga, mon pantalon et mes chaussures de marche, un bon vieux training confortable, un carnet, un crayon et le livre “L’art de jeûner”.

Ce premier jour, je m’alimente d’un seul aliment. On appelle cela une monodiète et j’ai choisi le riz. Hier soir, j’ai donc préparé mes trois repas du jour, soit 50 g de riz cru complet, 300 ml d’eau et c’est tout. Cela donne au final, une fois cuit, 50 g de riz cuit par repas.

Pendant cette journée, mes humeurs changent rapidement. Je travaille un peu, du moins j’essaie, car à chaque obstacle rencontré, j’aimerais mangé quelque chose. Les mandarines me font des clins d’oeil. Ce n’est pas la seule chose qui me manque, un bon café serai bienvenu. Petit à petit, les habituelles heures de travail se transforment en sieste, regarder un film, bouquiner dans le lit.

Je sens que tout est instable, non pas dans mon corps mais dans les humeurs qui accompagnent les besoins physiques et mentales. Vers 16h, je m’habille chaudement. Je me rends à la pharmacie de Cheseaux pour prendre un commande passée la semaine précédente. Au guichet, on m’annonce que cela n’arrivera pas avant vendredi ! Je sens la colère monté, je me calme (du moins j’essaie) et je réponds que ce ne sera pas nécessaire.

Ce dernier obstacle me fait vacillé. Je rentre en me demandant comment cela pouvait arriver maintenant alors que j’avais tout prévu à l’avance. En rentrant, il faut faire un choix. Je sens que cette réflexion est de trop. Pourtant, si je me tiens à la technique proposée, une purge est nécessaire. Où trouver du sel de sodium (ou sel de Glauber) ? Je contacte une autre pharmacie, réponse négative, je fais une pause. J’en appelle une autre, réponse négative aussi. Le schéma est identique. Je décide alors de laisser tomber le classement de google. Je vais m’adresser à une petite pharmacie de quartier (qui n’appartient à aucun groupe). Bingo ! La personne me répond qu’elle en a en stock. Je demande de m’en réserver. Elle me rassure en mentionnant la quantité en stock.

A 16h53, je me sens bizarre, fatigué, mais je sais que demain matin, je pourrais me rendre en ville chercher le sel.

Ressenti à l’approche du voyage

Demain est le 1er jour d’un nouveau voyage dans lequel je me suis engagé de commencer… il y a quelques semaines.

Tout au long de cette journée du 5 décembre, j’ai senti en moi les frémissements, à la fois l’excitation et la peur, le ventre se nouer, les jambes perdre leur force, avoir peur. La peur a le même visage et les mes discours que lors des voyages précédents. C’est un seulement un peu moins loin physiquement. Mais n’est-on pas toujours un peu loin de son corps physique lorsque les émotions prennent le dessus ?

Il y a quelques minutes dans le métro, sur mon visage, se lisait ce sourire ineffaçable. Quand bien même, j’aurais voulu le cacher, ce n’était pas possible. Je n’en sais rien ce qu’on voit quand on me regarde dans ces moments-là. L’autre jour je racontais à une amie que j’imaginais parfois que quelqu’un me regardait avec admiration, comme si le faite d’écrire un journal avait une sorte de charme en soi. En tout l’écriture provoque quelque chose. En dedans il y a de ces choses que je peine souvent à ressentir avec les gens, même proche. Ces petites choses à l’intérieur est un savant mélange de chose qui transforment le plus mauvais des sentiments en une effervescence de pétillements, de naïveté sûrement, de chaleur, de rire et d’une sorte de vibration qui donne le vertige et provoquent des fourmis dans les pieds. Tu vois comment ?

Ce qui est certain, c’est qu’il faut, pour le ressentir, laisser toute forme de jugement, de rationalité et de méchanceté envers soi-même. Ce sentiment perdure, tant que ces points sont respectés.

Photo: prise par Adrien pendant la traversée des Pyrénées en 2009. Le sourire ineffaçable.

Pensées éparses

Je crois que mon cas demande un peu plus de flexibilité… ne serait-ce qu’accepter que le contact humain est difficile depuis des années (toujours ?). Dans ces moments-là je pense à Myriam (www.myriamduc.ch) qui accepte les règles de ce monde tout en créant les siennes.

Je pense à de nouvelles questions à lui poser.

De quoi as-tu le plus peur ?
Si tu ne pouvais plus faire de sport ?
Si tu ne re-devenais celle qui était nulle ?

Les murs, j’en crée parfois avec la musique, l’écriture ou mon portable. Ce dernier, vous le connaissez bien, pas vrai ?

Avant le portable je me réfugiais dans mes interprétations personnelles du monde, mes histoires, autant de zones dans lesquels je pouvais être ok avec le fait que tu sois trop proche de moi, que vous êtes tous trop proche, trop nombreux.

D’où me vient l’idée de jeûner ?

La première fois vous voulez dire ? De mon corps. Cette réponse en fera rire plus d’un et pourtant… c’est la première réaction d’un corps malade, nous n’avons pas faim, nous sommes fatigués, nous voulons dormir mais surtout pas mangé. Cette expérience m’est arrivée des dizaines de fois et autant de fois que la maladie s’est invitée dans mon corps (personne, à mon avis, a eu un jour envie d’inviter la maladie, sauf peut-être petit quand on ne veut pas aller à l’école).

Ce n’est pas de la maladie dont m’est venue l’idée de commencer un jeûne. Non, il s’agit plutôt d’un besoin qui s’installe avec les années, en sentant ces nouvelles douleurs aux articulations, cette sensation de fatigue chronique, en mangeant rapidement de plus en plus souvent et… en ayant fait le choix de me séparer de la cigarette. Je sens bien que mon corps est toxique. Tous les indicateurs sont au rouge, de la tanspiration, de l’haleine, des douleurs au début de la journée, des maux de tête,de ce besoin permanent de manger des repas de plus en plus salés, épicés. Je n’ai pas oublié le sucre et je me remercie de ne pas avoir ajouter celui-là à mes addictions et compensations.

De plus, quand mon médecin ne trouve pas de problème en particulier à soigner et que la seule invitation est une séance chez un psychologue (chose que je fais fais régulièrement déjà)… A 36 ans, je me dis que c’est sûrement lié à l’âge, que c’est normal d’avoir la sensation d’un frein en permanence tiré, mais non … Je regrette ceux qui se mettent ces idées en tête. La seule expérience du yoga m’a indiqué que je pouvais me sentir plus en forme à 36 ans qu’à 26 ans. Certes je ne serai probablement plus un champion de boxe dans la catégorie poids lourd mais en terme de légèreté, je suis persuadé que mon corps mérite mieux.

Donc l’expérience du jeûne n’est plus à faire, elle a déjà eu lieu à maintes reprises et cela, c’est sans compter le jeûne que nous reproduisons chaque nuit. Combien de personne parmi vous n’ont pas faim le matin, ne déjeune pas au saut au lit ? Je vous donner l’info, vous êtes en train de jeûner.

Comment apprendre à aimer les livres ?

Le mot livre. Rien que ce mot évoque chez moi toute une histoire. Je vais vous la raconter avec les souvenirs qu’il m’en reste aujourd’hui.

A l’école primaire, je me rappelle avoir lu quelques livres. C’était toutefois des devoirs sur lesquels, nous devions exposer au reste de la classe son histoire. Ces exposés étaient angoissants d’une certaine manière, car je me rappelle toujours avoir eu très peur d’être devant toute la classe. Mais de l’autre, c’était un moment privilégié où toute l’attention reposait sur le héros de mon histoire, rien que le mien tout seul. Ce héros auquel je finissais par me condondre était aussi réel que vous et moi. Puis les questions du maître se pressaient au portique de mon monde et je revenais brutalement dans la réalité. Pas de loups hurlants sous la lune, de feu de camp dans la forêt sous la neige, ni de bâteau dérivant vers le large, d’orarge au milieu de l’océan, ni encore comme seule préoccupation vivre chaque instant comme s’il s’agissait du dernier.

Ce n’est cependant pas cette période où ma soif de lecture s’imposa. Ce n’est que quelques années plus tard que les livres ont pris une place importante (encore aujourd’hui).

A l’âge de 15 ans, juste avant l’été 1996, ma principale quête n’était pas de vivre pleinement mes dernières vacances d’étudiants, ni encore de préparer la rentrée en tant qu’apprenti employé de commerce. Bien que cette dernière aurait pu me tracasser au plus haut point – comme tous les changements de cet ordre – elle demeura en seconde ligne.

Juste avant l’été 1996, ma principale préoccupation était de connaître l’amour, celui dont tous mes camarades semblaient avoir déjà connu depuis l’enfantine. Oui, oui, il me semblait que c’était quelque chose que tous les autres avaient expérimentés. Juste avant l’été, on m’avait remis une lettre ou décrit verbalement, je m’en souviens pas très bien. Mais ce qui fût le plus alarmant est que ces mots parlaient d’amour, Amour avec un grand A. Quelqu’un s’intéressait à moi et plus particulièrement une fille, ce qui m’avait laissé d’abord sans souffle puis petit à petit une sensation extraordinaire d’enthousiame pour la vie dans son entier.

Cette histoire commença par une pièce de théâtre (pardonnez-moi pour les détails, l’attention n’y était pas) et le fameux message. Ce soir-là je fis la connaissance de la source de ce message et également du début d’une histoire qui me hantera des années durant.

Je fis alors la connaissance de la messagère et une fois la pièce terminée, je la raccompagna chez elle (dans sa famille). Dans les bras une grosse caisse en rodin pleine des décors de la pièce de théâtre (sûrment que cela devait être cela). Elle habitait un château et ce n’est pas le fruit de mon imagination débordante ! Vous rappelez-vous des soirées où les discussions pouvaient de s’étirer à n’en plus finir. Cette soirée en était une. Ce n’est que bien plus tard dans la nuit que je rentrais chez mes parents et reçu les foudres de ma Maman qui s’était inquiétée de cette soudaine disparition.

Quelques semaines plus tard, amoureux et aveugle. Il semble que ces deux mots vont très bien ensemble, n’est-ce pas, je rentrais avec un livre de Shakespeare, un livre que m’avait remis ma muse et demandé de le lire. Elle souhaitait que je le lise afin que je lui raconte l’histoire et qu’à son tour elle le raconte à sa maman. Le but final m’est aujourd’hui un peu flou. Mais quoiqu’il en soit, je revins à la maison avec un livre de Shakespeare avec la ferme attention d’honorer ma promesse. Tel un petit chevalier (je devais sûrement m’échapper dans ce rôle-là), le livre à la main, commença une nouvelle aventure.

Notre histoire fût consommée aussi vite que quelques carrés de chocolat. Mademoiselle la princesse quérit un nouveau chevalier et moi, je fis l’acquisition d’une carte de membre à la bibliothèque municipale de Vevey.

Au fond, là tout juste là

La fraîcheur de l’air après la pluie. Dans le noir devant, le ciel au-dessus. Là-haut des milliers d’étoiles resplondissent. Ici bas, un café abandonné sur la petite table. Un frisson des pieds à la tête. Mon corps se raidit et se décrispe d’un coup.

Surgit alors, comme si de nul part, de l’anéantissement de toutes les tensions accumulées de semaine en semaine, chacune ayant sa propre histoire, tel un château de cartes… j’inspire… Dans le receptacle de l’univers s’ouvrant devant mes yeux, là-haut dans le ciel étoilé… 

Je m’égare à nouveau. Un deuxième frisson me parcourt. Mes yeux se remplissent instanément et cette fois, c’est chaud. Je suis remplis d’une chaleur bienveillante.

Et c’est ainsi que j’écris. J’espère qu’il n’est pas trop tard pour lancer un appel d’Amour à tout ceux qui me liront. Laisser juste un message d’amour, sur un bout de papier à qui ne s’attendra pas, ce soir ou demain matin, à recevoir un tel message, mais pas plus tard car le temps est précieux.

Une vie, c’est tout au plus, 80 printemps, 80 occasions de fêter son anniversaire, 80 occasions de regarder les feuilles tomber en automne, 80 premiers jours de l’été et des terrasses. Et lorsqu’on est malade bien plus tôt que prévu, cela peut devenir très court, très très court.

Il suffirait, pour éveiller ce genre d’acte, de pas grands choses. Je sais toutefois que parfois, il est bien difficile de le ressentir, par peur de souffrir (qui est la mienne), par peur d’être juger, par peur de bien des choses ou par oubli. Alors il suffirait simplement de se souvenir d’un de ces moments où on a ressenti la chaleur d’une personne bienveillante (d’une mère aimante, de la présence d’un ami, etc). Un souvenir neutre car l’amour bienveillant est détaché de tout attachement à une personne. Seule la chaleur du souvenir compte, la sensation de sécurité. 

Et y travailler, jour après jour, juste quelques instants. Petit à petit, le travailler pour se rappeler à soi-même de s’aimer. Petit à petit, s’en rappeler lorsqu’une personne proche a besoin de réconfort. Petit à petit rapprocher de soi cet état avec les personnes moins proches. Petit à petit avec les personnes qui nous sont déplaisantes. Petit à petit au reste de l’univers.

Au fond, là tout juste là, est mon Coeur. Il est proche et pourtant si lointain. Proche car il a toujours été là. Lointain, car la carapace que j’ai construite tout autour, en même temps qu’elle m’en protège, m’en éloigne aussi.

Petit à petit, je défais chaque brique. 

Ben Howard et Sofia

C’était en décembre 2011, premier contact avec Sofia par le biais de skype.

Elle en Australie, moi en Suisse.
Elle dans la brousse en wwoofeuse chez Justin, moi dans la roulotte sous la neige.
Et c’est comme cela que Ben Howard a glissé dans mes oreilles pour la première fois !

En ce 12 juillet, une année et demi après l’Asie, nous nous retrouvons au Concert de Ben Howard au Montreux Jazz.

Au delà du mental, la conscience

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Dans mon journal j’écrivais :

Je suis rentré un 2 avril 2012 en Suisse, après un mois à vagabonder en Asie de l’Est, avec la conviction qu’il y a autre chose derrière le mental. Mes premières lectures le confirment. Il existe même un moyen de le découvrir : la méditation.

Parti de ce constat, j’ai recherché des méthodes. Il en existe une multitude et chacune d’entre elle a ses particularités. Mon choix s’est porté sur le livre Méditation de Jon Kabat-Zinn. De plus, un cd de 12 exercices de méditation accompagne le livre.

Pour information : la méthode décrite par Jon Kabat-Zinn s’appelle Mindfulness Meditation ou La Pleine Conscience en français et elle n’est pas lié à un dogme religieux. Elle est le fruit, entres autres, des recherches de l’administration Mind and Life Institute, qui a pour but de promouvroir un dialogue entre la science et le bouddhisme.

Après quelques mois d’exercice, je découvre qu’au fil de mes rencontres, la méditation m’avait déjà été enseignée plusieurs fois de manières différentes. Nous la pratiquons tous d’une manière ou d’une autre. Lorsque par exemple notre orteil vient à se cogner dans le coin d’une porte, paf, nous plongeons instanément dans un état de conscience élevé. N’allez pas me dire que lorsqu’un tel événement arrive, vous êtes encore capable de faire autre chose que vous tenir le pied en grognant !

Ou encore plus simplement, lorsque que nous regardons un magnifique paysage, baigné du soleil du lever du jour ou à son coucher. Il se passe une fraction de secondes où les yeux grands ouverts, notre mental est en arrière-plan. Cette fraction de second dénudé de tout jugement serait un état de pleine conscience.

Alors pourquoi l’exercer ?

Catharsis

Il y a quelques mois, je vous présentais Rémi et une chanson See you in the next life. Depuis une autre de ses compositions magiques a vu le jour, Catharsis. Bien que son auteur met en avant les erreurs, il reste que j’ai des frissons à chaque écoute.

Un nouveau départ

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Cette semaine est particulière puisque, à son tour, ma soeur Justine prend le train. Dans sa valise, quelques habits, sa clarinette et en particulier, une tunique de travail, ses mocassins. Mais où va-t-elle ?

Depuis quelques années, la spécialité de Justine… c’est le chocolat ! Pâtissière-confiseuse, voilà un métier qui intéressera bien plus les papilles que les yeux. Quoique, si elle était encore là, elle me raconterait aussi que les yeux ne sont pas en reste dans le métier. A son travail, une équipe soudée a donné lieu à l’éveil de son voyage. “Et si on faisait le tour du monde pour découvrir les manières différentes de travailler le chocolat ?”, voilà le genre de discussion que ses collègues et elle entretenaient.

Une seule année de gestation et son rêve voit le jour. Et elle commencera par l’Angleterre. Au programme, quelques mois dans une école pour apprendre l’anglais. Ensuite, c’est une toute autre histoire puisqu’elle ira à la rencontrer de 4 pâtissiers différents du Sud au Nord de l’Angleterre.

Quelle aventure, je me réjouis de lire ses aventures sur justinemonnard.blogspot.com !

Made with Love @ 2017 Samuel Monnard